ARTICLE SUR LES TECHNIQUES DE TRADUCTION INCLUSIVE

Septembre 2025

Thème : les techniques de traduction inclusive

SEPTEMBRE 2025 : COMMENT BIEN TRADUIRE LES TEXTES EN RESPECTANT LES PRINCIPES DE L'ÉCRITURE INCLUSIVE

✨ Traduire sans exclure : vers une langue plus juste
La traduction ne se limite pas à la transposition de mots d’une langue à une autre. Elle transmet des idées, des cultures et des visions du monde. Dans une langue comme le français où le masculin l’emporte encore trop souvent, adopter une approche inclusive, c’est choisir de rendre visibles toutes les identités.

Dans cet article, je vous propose de découvrir comment la traduction peut devenir un outil d’équité. À travers des techniques concrètes, des exemples pratiques et une réflexion éthique, je vous guide pas à pas vers une écriture plus respectueuse, plus représentative, et surtout plus humaine.


🧠 Comprendre et pratiquer la traduction inclusive en français : guide pour les professionnels et professionnelles du langage et de la langue française
La langue façonne notre manière de penser, de percevoir le monde et de nous représenter les autres. En tant que traducteurs et traductrices, nous avons un rôle clé à jouer dans la transmission de messages inclusifs et respectueux de toutes les identités. Mais comment adapter un texte en français, langue fortement genrée, tout en restant fidèle au sens original ? C’est là qu’intervient la traduction inclusive.

Dans cet article, je vous propose un tour d’horizon des techniques, des enjeux et des bonnes pratiques pour intégrer l’inclusivité dans vos traductions.

📌 Qu’est-ce que la traduction inclusive ?
La traduction inclusive vise à rendre les textes plus équitables en évitant les formulations sexistes ou excluantes. Elle cherche à représenter toutes les personnes, quels que soient leur genre, leur identité ou leur rôle social, sans invisibiliser ni stéréotyper.


🧱 Les principes fondamentaux
Neutralité : éviter le masculin générique quand une formulation neutre est possible.

Lisibilité : privilégier la clarté et l’accessibilité, notamment pour les publics dyslexiques ou utilisant des lecteurs d’écran.

Adaptabilité : ajuster le niveau d’inclusivité selon le contexte, le public et les attentes du client.

Fidélité : respecter le sens du texte source tout en l’adaptant aux normes inclusives francophones.

📌 Règles d’écriture inclusive
Accords de proximité : Les traductrices et les traducteurs sont compétent·e·s.

Accords de majorité : selon le groupe représenté, adapter l’accord (p. ex. : Les personnes présentes étaient motivées.)

Éviter les stéréotypes : reformuler les expressions genrées ou sexistes (p. ex. : homme de terrain → personne de terrain)

🧑‍💼 Dialogue avec le client ou la cliente
Avant toute traduction :

Clarifier le niveau d’inclusivité souhaité.

Proposer des alternatives si le texte source est très genré.

Expliquer les choix linguistiques en toute transparence.

📚 Ressources utiles





🖋️ Traduire, c’est transmettre. Traduire de manière inclusive, c’est reconnaître chaque voix dans le texte.

🛠️ Les principales techniques de traduction inclusive
1. Utilisation de termes épicènes
Ce sont des mots dont la forme est identique au masculin et au féminin. Ils permettent d’éviter le masculin générique sans alourdir le texte.

Exemples :

Les élèves, les collègues, le personnel, la personne

« Les membres du comité » au lieu de « les hommes du comité »

👉 Avantage : clarté et neutralité, sans modifier la structure de la phrase.

2. Formulations neutres ou collectives
On reformule pour éviter les noms de métiers ou rôles genrés.

Exemples :

Les traducteurs → L’équipe de traduction

Les employés → Le personnel

Le directeur → La direction

👉 Cette technique est très utile dans les textes institutionnels ou professionnels.

3. Double flexion (ou dédoublement)
On mentionne explicitement les formes masculine et féminine.

Exemples :

Les traducteurs et les traductrices

Les auteurs et les autrices

👉 À utiliser avec modération pour éviter la lourdeur, surtout dans les phrases longues ou répétitives.

4. Point médian (·)
Très utilisé dans les milieux militants ou universitaires, il permet d’inclure plusieurs genres dans un mot.

Exemples :

Les étudiant·e·s

Les salarié·es

⚠️ Attention : cette graphie peut poser des problèmes d’accessibilité (lecteurs d’écran, dyslexie) et n’est pas toujours acceptée dans les contextes formels.

5. Réécriture inclusive (transcréation)
Parfois, il ne faut pas se limiter à la traduction littérale et reformuler le texte pour éviter les stéréotypes ou biais implicites.

Exemples :

Chairman → Présidence ou Responsable

Manpower → Agence de recrutement

👉 Cette approche demande une bonne compréhension du contexte et une collaboration avec le client ou la cliente pour définir les choix inclusifs à adopter.

🧠 Effets cognitifs et lisibilité
1. Termes épicènes et formulations neutres
✅ Très bonne lisibilité : ces techniques n’alourdissent pas le texte et sont généralement bien comprises.

🧠 Elles n’affectent pas la vitesse de lecture ni la compréhension globale.

💡 Elles sont idéales pour les textes professionnels, institutionnels ou destinés à un large public.

2. Double flexion (p. ex. : les traducteurs et les traductrices)
📖 Compréhension intacte, mais le texte peut sembler plus long ou redondant.

🧠 Les lecteurs et lectrices s’habituent rapidement à cette forme, surtout dans les contextes pédagogiques ou militants.

⚖️ Selon certaines études, elle améliore la représentation mentale des femmes dans le texte.

3. Point médian (p. ex. : les étudiant·e·s)
⚠️ Lisibilité variable : certains lecteurs et certaines lectrices trouvent cette forme difficile à lire, surtout s’ils ne sont pas familiers avec l’écriture inclusive.

🧠 Des études ont montré un ralentissement de la lecture et une augmentation de la charge cognitive, notamment chez les personnes non initiées.

📱 Problèmes d’accessibilité : les lecteurs d’écran et les personnes dyslexiques peuvent rencontrer des obstacles.

4. Réécriture inclusive (transcréation)
✨ Très efficace pour éviter les biais implicites et améliorer la clarté.

🧠 Peut améliorer la compréhension en simplifiant ou en reformulant des expressions genrées.

💬 Demande plus de travail créatif, mais offre une lecture fluide et inclusive.

🎯 Le rôle du traducteur ou de la traductrice
Traduire de manière inclusive, c’est :

Être attentif ou attentive aux stéréotypes et aux biais implicites

Adapter le texte au lectorat cible

Dialoguer avec le client ou la cliente pour définir le niveau d’inclusivité souhaité

Faire preuve de créativité et de souplesse

Il ne s’agit pas de corriger le texte source, mais de le rendre accessible et respectueux dans le contexte francophone.

🧩 Exemples par technique
1. Termes épicènes
🔹 Anglais : The students must submit their work.

🔹 Traduction classique : « Les étudiants doivent remettre leur travail. »

🔹 Traduction inclusive : « Les élèves doivent remettre leur travail. »

👉 « Élèves » est épicène, donc inclusif sans alourdir la phrase.

2. Formulation neutre
🔹 Anglais : All employees are invited to the meeting.

🔹 Traduction classique : « Tous les employés sont invités à la réunion. »

🔹 Traduction inclusive : « L’ensemble du personnel est convié à la réunion. »

👉 On évite le masculin générique en reformulant avec un nom collectif.

3. Double flexion
🔹 Anglais : The translators worked together.

🔹 Traduction classique : « Les traducteurs ont travaillé ensemble. »

🔹 Traduction inclusive : « Les traducteurs et les traductrices ont travaillé ensemble. »

👉 Cette forme explicite les deux genres, utile dans les textes pédagogiques ou militants.

4. Point médian
🔹 Anglais : Welcome to all participants.

🔹 Traduction classique : « Bienvenue à tous les participants. »

🔹 Traduction inclusive : « Bienvenue à tou·te·s les participant·e·s. »

👉 À réserver aux contextes où le public est familier avec cette graphie.

5. Réécriture inclusive (transcréation)
🔹 Anglais : Chairman of the board

🔹 Traduction classique : « Président du conseil d'administration »

🔹 Traduction inclusive : « Responsable du conseil d'administration » ou « Présidence du conseil d'administration »

👉 On reformule pour éviter les titres genrés, tout en respectant le sens.


🧭 Conclusion
La traduction inclusive est une compétence à part entière, qui demande réflexion, formation et sensibilité. Elle permet de faire évoluer les usages, de mieux représenter la diversité humaine et de contribuer à une communication plus juste.

En tant que traducteurs et traductrices, nous avons le pouvoir – et la responsabilité – de choisir les mots qui rassemblent plutôt que ceux qui excluent.


📋 Processus de collaboration
Analyse du texte source

Identification des enjeux de genre, des stéréotypes ou des formulations problématiques

Dialogue avec le client ou la cliente

Définition du niveau d’inclusivité souhaité

Présentation des options stylistiques et terminologiques

Traduction et adaptation

Application des techniques inclusives selon le contexte

Respect du ton, du registre et des contraintes du texte

Relecture et validation

Vérification de la fluidité, de la lisibilité et de la cohérence

Possibilité de proposer plusieurs variantes si nécessaire

Écriture inclusive
Techniques inclusives en français
Rédaction épicène

Stéphanie Cordier   -   Experte linguistique   -   Language expert   -   Sprachexpertin

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